[Colloque]La culture imprimée du cinéma

Ciné-feuilletons, ciné‑romans, ciné‑romans-photos et autres hybridations transmédiatiques (XXe-XXIe siècles)

Durant le premier tiers du XXe siècle, le septième art se constitue progressivement en industrie dans plusieurs pays. Au même moment, s’organise une promotion spécifique, qui s’appuie sur des objets dérivés du grand écran destinés à annoncer ou relayer l’image filmique et à remédier à sa fugacité. Dès les années 1910, se développent des imprimés très divers, au croisement de l’objet culturel et du support publicitaire : affiches de films, programmes de salles, brochures promotionnelles, suppléments de périodiques, presse spécialisée, cartes postales, etc. C’est dans cet ensemble médiatique et commercial que font leur apparition les « ciné-romans », également désignés comme « romans-cinémas », « ciné-feuilletons », « films racontés » ou « novellisations / novélisations » – autant de termes identifiant cette pratique qui consiste à coucher le cinéma sur le papier. Ainsi, l’écrit accompagne l’essor d’un spectacle visuel qui s’adresse bientôt à un public de masse. Ce processus témoigne de la mise en place d’une nouvelle culture transmédiatique, quand émigre vers le livre ou l’imprimé un récit natif d’ailleurs.

Les hybridations entre l’écrit et l’écran ont donné lieu à une grande variété de productions médiatiques. Impliquant la photographie, le photogramme ou parfois le dessin, ces productions hybrides combinent texte et image dans des proportions variables. Lues en amont ou en aval de la projection filmique, elles se prêtent, selon les cas, à une consommation immédiate ou à une logique de collection destinée à accumuler les fascicules composant un récit filmique complet ou à constituer une bibliothèque personnelle de films racontés. Ainsi, l’engouement suscité par ces avatars a parfois été tout aussi important que celui qu’inspiraient les films qu’ils relayaient. Ils ont certainement dû ce succès à leurs éléments iconographiques.

Si les avatars du ciné-roman constituent des sources précieuses pour l’histoire du cinéma, le présent colloque entend surtout les considérer comme un objet d’étude à part entière. Malgré leur diffusion massive, les novellisations ont longtemps été négligées en raison du mépris dans lequel on tient le genre et à cause du statut d’éphémères dans lequel on range par défaut leurs traces actuelles. Les ciné-romans posent des questions de conservation, de muséologie, de propriété intellectuelle et de valorisation patrimoniale. Leur étude appelle une approche pluridisciplinaire, croisant histoire du cinéma, analyse littéraire, histoire de l’édition et de la culture médiatique. Elle implique également une attention particulière aux aires culturelles, principalement les États-Unis, la France, l’Angleterre, l’Italie et l’Espagne, puisque les transferts et les adaptations sont au cœur même de la naissance du genre. Ce colloque propose donc d’étudier les formes, les valeurs et la diffusion de cette culture imprimée liée au cinéma. On explorera la poétique et l’histoire des supports, les degrés de légitimité, la créativité transmédiatique et les circulations internationales du ciné-roman.

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Accès libre et gratuit

DATE

05-07 Nov. 2026

HEURE

Toute la journée

LIEU(X)

05-06 Nov.
MSH Paris Nord ► Auditorium
07 Nov.
Campus condorcet ► Salle 50

ORGANISATEUR (S)

> Pleiade

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